we sign it - Non à l’abattage des loups dans les villes !

Non à l’abattage des loups dans les villes !

Nous, berger-ère-s de France et d’Europe, sommes inquiets de constater que des atteintes graves à la conservation de l’espèce dans notre pays se multiplient.

Ce jour, un communiqué de presse de la préfecture du Var nous indique que les militaires du groupement départemental de la gendarmerie nationale ont abattu un loup dans le centre-ville de Bormes-les-Mimosas.

Nous, berger-ère-s de France et d’Europe, sommes inquiets de constater que des atteintes graves à la conservation de l’espèce dans notre pays se multiplient.

Ce jour, un communiqué de presse de la préfecture du Var nous indique que les militaires du groupement départemental de la gendarmerie nationale ont abattu un loup sur la commune de Bormes-les-Mimosas. L’animal a été repéré par une personne qui y effectuait des travaux.

« Le comportement agressif de l’animal l’a amené à prendre la fuite, à se réfugier dans son véhicule et à contacter la gendarmerie », écrit la préfecture. La patrouille dépêchée sur place et partie à la recherche de l'animal a également constatée son comportement agressif.

Les deux premiers tirs alors réalisés n'ont pas permis de toucher l'animal. Celui-ci s'est alors dirigé vers le centre-ville et à proximité d’un lotissement où il a été abattu par deux nouveaux tirs.

L’office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) a été immédiatement informé.

Nous berger-ère-s de France et d’Europe nous étonnons de l’absence de respect de la réglementation liée à son statut d’espèce protégée par la directive européenne "Habitats-Faune-Flore" et les engagements souscrits auprès de la Convention de Berne.

Nous, nous devons subir sans aucun soutien des pouvoirs publics, les nombreux dégâts causés par cette espèce, sans aucune possibilité de protéger nos troupeaux, nous nous étonnons ainsi de la facilité avec laquelle ce loup qui se promenait sur la commune de Bormes-les-Mimosas a été abattu.

Que faudrait-il alors penser ?

Qu’un loup sur un alpage ou dans nos bergeries, ce n’est pas grave, que nous pouvons le laisser chaque année causer des milliers de pertes sur nos cheptels (plus de 12 000 pour l’année 2018 ) sans qu’aucune solution nous soit apportée ?

Nous ne sommes pas loin de penser que nous faisons l’objet d’une profonde ségrégation au point  qu’un loup dans une ville devienne un sérieux problème par son unique présence et soit abattu.

Une bergère italienne disait récemment dans un billet de blog "Vous nous tuez pour imposer votre civilisation en plastique. Vous nous tuez avec hypocrisie, en camouflant le génocide sous le prétexte de cette nature que vous êtes en train de détruire, avec le loup comme bannière."

Nous pourrions à notre tour proposer de vous faire financer des clôtures, des chiens de protection et des citagers (une sorte de berger pour citadins) via vos millions d'euros de politique de la ville !

Nous pourrions le faire avec le même cynisme porté à notre égard.

Alors quoi, mesdames et messieurs les décideurs, le sauvage en dehors des villes ? Le sauvage avec les sauvageon-ne-s de berger-ère-s ?

Nous voyons bien ici qu’il s’agit de tout autre chose qu' un simple combat entre pro et anti loup.

Nous appelons les amoureux de la nature, qu’ils soient des villes ou des champs à dépasser ce clivage artificiel pour lutter ensemble contre l’urbanisation galopante qui détruit les habitats naturels ainsi que les paysages façonnés par la main de l’homme en étroite collaboration avec le vivant.

Nous appelons les citoyen-ne-s à défendre nos pratiques séculaires, résilientes et vertueuses.

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